MOOC : la vidéo pour faire la différence

Vous envisagez de créer de la formation en ligne ? De filmer vos formateurs ? Alors, cet article est pour vous !

Il y a des gens que l’on écouterait pendant des heures. Ils parlent de manière structurée, choisissent les mots justes, leur voix est parfaitement posée. Ils savent accélérer ou ralentir pour relancer notre attention, et ils nous préviennent quand ils vont dire quelque chose d’important. Généralement, leurs gestes soulignent les articulations de leur discours. 

Si vous avez déjà été placé en position d’enseignant, de formateur ou simplement d’orateur devant un groupe, vous l’avez constaté : la manière dont vous habitez votre discours a une importance cruciale sur ce que votre auditoire retient et comprend. C’est une évidence absolue, mais qui mérite d’être revisitée. Car, dans les MOOC, une petite proportion d’enseignants accepte de passer devant la caméra. Ils imaginent un auditoire composé de milliers d’étudiants… mais n’en voient aucun.  

Le MOOC, un cours en accéléré ?

Le problème avec les vidéos des MOOC, c’est qu’elles sont courtes, 5 à 10 mn. Ce format est étranger au monde éducatif, qui est celui du temps long. L’enseignant doit par conséquent débiter à toute allure des paquets bien compacts d’informations. Ou à l’inverse, énoncer une seule idée à la vitesse d’un escargot, à travers une parole dont il est totalement absent.

Pas d’exemples, pas d’anecdotes, pas de répétitions, pas de modulations dans le rythme et le ton. Ou si peu. L’ennui profond qui se dégage de la majorité des vidéos de MOOC tient à cela : les orateurs y occupent une fonction de machine.  La parole n’y a pas de valeur ajoutée vis-à-vis du texte.

Le texte, plus adapté à l’étude que l’image

De nombreux mooqueurs préfèrent apprendre à partir du script plutôt qu’en regardant les images des vidéos de cours. Car grâce au surligneur et autres stylos magiques, ils sont capables de façonner la chaîne montagneuse du discours à partir de la plaine du texte imprimé. Ils surlignent les points clés, ajoutent leurs propres exemples et analogies. Ils tracent des flèches entre les éléments qui se font écho, etc. Bref, ils travaillent en relief, en 3D. Car ce qui se passe dans ma tête quand j’apprends quelque chose ressemble bien plus à une maison qu’à son plan.

La vidéo, mais quelle vidéo ?

Il est nécessaire de rendre à la vidéo son statut d’image vivante dans les MOOC. Car les détracteurs de la formation en ligne n’en finissent pas de sacraliser  le cours en présence, empli du « charisme » des enseignants, de la « relation privilégiée » qui unit ces derniers aux apprenants, etc. Oubliant au passage qu’il existe des cours en présence mortellement ennuyeux (vous vous souvenez ?).

Voici donc quelques formats de vidéos intéressants à explorer.

L’interview menée par un pro est en général beaucoup plus dynamique que le discours énoncé frontalement par une seule personne, même si cette dernière est un puits de science. Les interviews et témoignages sont d’ailleurs très appréciés des mooqueurs, qui savourent une parole plus libre et surtout plus personnelle que le cours principal. Mais attention : l’interview dot être menée par un « pro », sachant encourager, couper, relancer… son interlocuteur. L’intervenant, lui aussi, doit se sentir suffisamment à l’aise pour accepter cet exercice « sans filet ». 

MOOC Hadrian’s wall : the roman frontier

On peut aussi faire dialoguer l’orateur avec son environnement, le voir déambuler dans une salle emplie d’objets ou, encore mieux, dans un espace ouvert dont la caméra valorisera les éléments significatifs. Voici par exemple un enseignant dans un champ de fouilles archéologiques, dans le MOOC « Hadrian’s Wall : Life on the Roman Frontier« , sur Future Learn.

La voix off est aussi une excellente solution pour valoriser le propos de l’orateur. La caméra a ainsi toute liberté pour glisser sur l’objet de son discours, encore plus lorsque l’image principale est enrichie d’animations. De nombreux MOOC culturels, comme celui qui est consacré à  l’histoire de la photographie, par exemple, font usage de la voix off dans leurs vidéos. C’est un procédé très adapté à l’analyse d’oeuvres ou de documents. 

Et encore…

S’il n’y a pas grand chose à regarder dans la vidéo, à part l’orateur, doubler ce support avec un fichier audio est une bonne idée. Cela libère l’apprenant de sa position statique devant l’écran. La parole entendue au travers de l’écouteur provoque en outre un sentiment de proximité avec l’orateur.

Le podcast peut aussi être utilisé comme un effet de style : dans le MOOC « Allô, ne quittez pas« , des fichiers audio alternent avec les classiques vidéos. Ainsi, toute la partie consacrée aux usages du téléphone se présente sous l’aspect d’une conversation téléphonique. 

MOOC Allô, ne quittez pas !

Mettre son MOOC au régime !

On peut aussi choisir…de mettre son MOOC au régime, et de limiter le nombre de vidéos-calories intégrées aux séquences. Certes, l’incarnation du savoir dans une personne reste essentielle. Pour respecter cette règle implicite, commencer chaque séquence avec une intervention de l’enseignant filmée, mise en scène et montée est une option intéressante. Ensuite, des productions originales moins onéreuses et techniquement moins complexes  permettront aux participants d’appréhender les différents points du cours sans monotonie.

Magnifier la parole, capter les indices de la personnalité de celui qui parle, ménager des pauses et des surprises grâce au montage : la création de vidéos de qualité requiert un travail d’auteur pour provoquer l’émergence du sens et ce, même quand il s’agit « seulement » de filmer le sachant. L’auteur média travaille ici en étroite relation à la fois avec l’expert de contenu (l’enseignant, le plus souvent) et le concepteur pédagogique qui déroulera le scénario du cours.

Et vous, avez-vous suivi des MOOC dont vous avez apprécié la qualité des vidéos, dans lesquelles la parole était mise en scène et vous captivait ? Partagez vos expériences dans les commentaires !

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17 Commentaires. En écrire un nouveau

  • […] Il y a des gens que l’on écouterait pendant des heures. Ils parlent de manière structurée, choisissent les mots justes, leur voix est parfaitement posée, ils savent accélérer ou ralentir pour relancer notre attention, et ils nous préviennent quand ils vont dire quelque chose d’important. Généralement, ils soulignent avec leurs gestes les articulations de leur discours. Nombre d’orateurs et encore plus d’enseignants se déplacent dans la salle pour accrocher un regard, et tout simplement parce que le mouvement de leur pensée épouse celui de leur corps.  […]

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  • Bonjour Christine,
    Merci pour cet article.
    Eh oui, après avoir lutté contre les vidéos trop longues, il faut maintenant lutter contre les vidéos soporifiques ! Rien de très surprenant pourtant, puisqu’on demande à un orateur de MOOC, de réaliser 3 métiers en 1 : acteur, enseignant, auteur… sans tomber dans l’excès du showman.
    A ce petit jeu, il ne sont certainement qu’une petite dizaine à pouvoir jouer ce rôle…

    L’option d’un MOOC avec zéro calorie et compléments alimentaires (autres formats, podcast par exemple ?) est séduisante et j’espère qu’elle fera son chemin. En terme de réduction de coûts, elle devrait même séduire les adeptes du « Lean-MOOC »

    +1 pour le travail avec le script (on peut aller plus loin avec une mindmap les extensions du navigateur)

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    • Christine Vaufrey
      avril 2015 15 h 30 min

      Je ne sais pas si les mindmaps conviennent à tout le monde. Très utiles pour mettre de l’ordre, organiser, évidemment. Mais elles deviennent vite illisibles des qu’un élément appartient à plusieurs ensembles… J’attends la mindmap 3 D 🙂

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  • […] Il y a des gens que l’on écouterait pendant des heures. Ils parlent de manière structurée, choisissent les mots justes, leur voix est parfaitement posée, ils savent accélérer ou ralentir pour relancer notre attention, et ils nous préviennent quand ils vont dire quelque chose d’important. Généralement, ils soulignent avec leurs gestes les articulations de leur discours. Nombre d’orateurs et encore plus d’enseignants se déplacent dans la salle pour accrocher un regard, et tout simplement parce que le mouvement de leur pensée épouse celui de leur corps.  […]

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  • A la lecture de cet article, je me faisais la réflexion qu’il serait nécessaire de (ré)apprendre à faire du multimédia (des années 90) et de construire un dialogue narratif en combinant plusieurs média plutôt que de proposer que de la vidéo seule. Cela permettrait de laisser le choix à l’utilisateur.

    Je pensais également à la mode des papiers longs (pour la presse) et du webdocumentaire (pour la TV-video). Ce qui est amusant avec ces nouveaux formats : le premier intègre un peu de vidéo dans le monde du papier. Le second laisse un peu de place à l’écrit dans des scénarios dominés par l’image. Bref, on reste dans l’effet diligence.

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    • Christine Vaufrey
      avril 2015 15 h 27 min

      Tout à fait d’accord. Mais ne refaisons pas la même erreur que dans les années 90 : n’oublions pas / ne méprisons pas l’oralité, la parole vivante…

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      • Dans les années 90, il n’y avait pas les réseaux sociaux et leurs usages. Cela rentre dans la nouvelle grammaire 🙂

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  • Christine Vaufrey
    avril 2015 17 h 34 min

    L’utopie à l’époque était vraiment de faire des cours sans profs, il y avait le fantasme de l’enseignement complètement automatique. On n’en est plus là, plutôt dans le personal branding 🙂

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  • […] Il y a des gens que l'on écouterait pendant des heures. Ils parlent de manière structurée, choisissent les mots justes, leur voix est parfaitement posée, ils savent accélérer ou ralentir pour relan…  […]

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  • Bonjour Christine ! :o)
    Documentaliste passionnée par les outils de valorisation de l’information, j’utilise personnellement l’application en ligne Popcorn maker pour enrichir des vidéos ou animer un podcast radio. Par l’insertion aisée de commentaires, liens, images, cet outil apporte une valeur ajoutée et dynamise les contenus. Il est un des moyens de « mettre la parole en scène dans la vidéo, de l’associer à d’autres médias » comme vous le soulignez judicieusement dans votre article ! :o) Merci pour vos billets blog et longue vie à Thot Cursus !

    Ex de podcast radio commenté : https://sylvieredoc.makes.org/popcorn/2ukf
    Ex de vidéo enrichie : https://sylvieredoc.makes.org/popcorn/2qzs

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    • Christine Vaufrey
      avril 2015 17 h 45 min

      Bonjour Sylvie,
      Oui, Popcorn maker est un outil intéressant, je regrette seulement que les marqueurs visuels soient si gros… Juste une petite précision : je ne travaille plus our Thot Cursus depuis décembre dernier, les MOOCs occupent tout mon temps 🙂

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  • […] Il y a des gens que l’on écouterait pendant des heures. Ils parlent de manière structurée, choisissent les mots justes, leur voix est parfaitement posée, ils savent accélérer ou ralentir pour relancer notre attention, et ils nous préviennent quand ils vont dire quelque chose d’important. Généralement, ils soulignent avec leurs gestes les articulations de leur discours. Nombre d’orateurs et encore plus d’enseignants se déplacent dans la salle pour accrocher un regard, et tout simplement parce que le mouvement de leur pensée épouse celui de leur corps.  […]

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  • […] Il y a des gens que l'on écouterait pendant des heures. Ils parlent de manière structurée, choisissent les mots justes, leur voix est parfaitement posée, ils savent accélérer ou ralentir pour relan…  […]

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